Reiki Ryoho, réaliser le but de sa Vie et atteindre la Grande Paix de l'Esprit
La méthode pour calmer le Corps et l'Esprit

Le Reiki Ryoho se définit à la fois comme une pratique spirituelle visant le développement personnel par l'énergie spirituelle (Rei), et comme une thérapie manuelle fondée sur le principe du Pouvoir Intuitif de l’Univers, appelé Teate en japonais. Le terme « teate » signifie littéralement « toucher de la main », « te » signifiant main et « ate » toucher. Au Japon, le terme Teate désignait initialement tous les traitements appliqués par les mains.

Au-delà de la pratique du Teate, qui repose sur le soin par les mains, le Reiki Ryoho propose également de nombreux outils favorisant l’épanouissement spirituel. Parmi ceux-ci figurent des exercices méditatifs destinés à développer une conscience éveillée, ainsi que des techniques spécifiques de purification du corps et de l’esprit, désignées par le terme Misogi en japonais. La méthode intègre aussi la pratique de sons guérisseurs et l’utilisation de symboles lors des soins, qu’ils soient physiques, énergétiques, psychiques ou spirituels, et ce, aussi bien en présence qu’à distance. L’ensemble de ces pratiques a pour finalité d’accompagner chacun vers la réalisation du but de sa vie et l’atteinte de la Grande Paix de l’Esprit, appelée « Anshin Ritsumei » en japonais.

Les objectifs thérapeutiques et spirituels du Reiki Ryoho

Le Reiki Ryoho est avant tout dispensé dans une perspective thérapeutique et de développement personnel. Cette méthode vise à améliorer la qualité de vie en s’appuyant sur une approche holistique de l’individu, prenant en compte à la fois le corps et l’esprit. Selon le principe fondamental partagé par l’ensemble des thérapies extrême-orientales, l’unité et l’interdépendance du corps et de l’esprit sont essentielles pour accéder à l’équilibre et à la santé. C’est pourquoi le Reiki Ryoho s’inscrit pleinement dans la catégorie des « médecines de santé », ces pratiques qui se préoccupent du bien-être physique autant que psychique. Par l’harmonisation du corps et de l’esprit, cette méthode offre à chacun la possibilité de progresser sur sa propre voie et de cultiver le bonheur.

Indépendance du Reiki Ryoho vis-à-vis des croyances personnelles

Contrairement à certaines méthodes de soins ou d’accompagnement psychologique, le Reiki Ryoho ne nécessite aucune croyance particulière de la part de la personne qui en bénéficie. Son efficacité n’est pas conditionnée à la volonté, à la foi ou à l’adhésion du receveur. Le Reiki Ryoho agit indépendamment de l’état d’esprit ou du niveau de scepticisme de chacun.

Cette spécificité est clairement exprimée par Usui sensei dans la deu-xième partie de l’Usui Reiki Hikkei, intitulée « Explications des instructions pour le public par le fondateur de l’Usui Reiki Ryoho ». Lorsqu’on lui demande s’il est nécessaire de croire en la méthode pour obtenir de meilleurs résultats, il répond sans équivoque : il n’est pas besoin de croire, de consentir, ni même d’admirer la pratique. Les doutes, le rejet ou la négation de la méthode n’entravent en rien son action. Usui sensei prend l’exemple des enfants ou des personnes très malades, parfois inconscientes, qui ne sont pas en mesure d’exprimer des doutes ou d’adhérer intellectuellement à la pratique : le Reiki agit tout de même efficacement auprès d’eux.

Il souligne également que, dans la plupart des cas, les personnes n’ont pas de conviction préalable à l’égard de sa méthode avant de recevoir un traitement. C’est généralement après avoir expérimenté les bienfaits du Reiki qu’elles développent une confiance et une adhésion spontanée, motivées par les résultats constatés dès la première séance.

Origines et spécificités culturelles du Reiki Ryoho

Le Reiki Ryoho, appelé au Japon « Shin Shin Kaizen Usui Reiki Ryoho », que l’on peut traduire par « Art de Guérison du Reiki d’Usui pour l’amélioration de l’Esprit et du Corps », est une méthode déposée par la Gakkaï du Japon, l’organisation fondée en 1922 par le créateur du Reiki, Mikao Usui sensei. L’élaboration de ce système remonte au début du vingtième siècle et s’inscrit dans un contexte particulier. Mikao Usui Sen-sei était un homme laïc, issu d’une double culture bouddhiste et shintoïste. Il possédait une connaissance approfondie des diverses traditions extrême-orientales, reconnaissant leurs points communs, ainsi que des médecines et thérapies orientales et modernes.

L’origine du Reiki Ryoho se situe dans le bouddhisme japonais, non pas dans sa dimension religieuse, mais bien dans sa dimension philosophique. Le shintoïsme a également influencé la méthode, Usui Sensei ayant intégré à son système des techniques simplifiées de purification issues de cette tradition. Le concept japonais d’énergie vitale, similaire à celui que l’on retrouve dans les arts martiaux, ainsi que la médecine po-pulaire japonaise, constituent également des fondements essentiels de la pratique du Reiki Ryoho.

Une méthode enracinée dans la tradition japonaise

D’un point de vue culturel, il apparaît que Mikao Usui sensei n’a pas puisé ses référents dans la médecine hindouiste, contrairement à ce que laisse entendre l’enseignement du Reiki Occidental. Le Japon possédant sa propre médecine traditionnelle, il semble plus cohérent que si Usui sensei avait dû se référer à un système médical, il aurait privilégié celui-ci.

La médecine traditionnelle japonaise s’est développée à partir du début du cinquième siècle, durant l’ère Yamato ou Kôfun (300–710), période marquée par l’introduction de la Médecine Traditionnelle Chinoise grâce à l’arrivée de médecins coréens et de manuscrits médicaux. Ces apports se sont enrichis d’une touche personnelle coréenne, ainsi que de connaissances venues d’Inde transmises par des missionnaires bouddhistes. Le Bouddhisme, décrété religion d’État par le Prince Shôtoku Taishi, fils de l’empereur Yōmei, en 594, a profondément marqué la société japonaise. Dès lors, des moines furent envoyés en Chine afin d’y étudier la médecine. L’accumulation de ce savoir au fil des siècles a permis l’émergence d’un système médical proprement japonais, nommé Kanpô, signifiant littéralement « la médecine venue de Chine ».

La signification et la nature du Reiki

Traditionnellement, l’idéogramme du Reiki est interprété comme « Influence Vitale Universelle de l’homme parfait ». En Occident, le terme Reiki s’est généralisé pour désigner à la fois l’Énergie Spirituelle mobilisée lors des soins et l’ensemble de la méthode thérapeutique.

Le caractère (kanji) « REI » peut être traduit par âme, esprit, conscience ou encore fantôme. Son synonyme japonais est « Tama ». Il renvoie à l’aspect céleste, subtil et invisible de l’énergie : l’influence ou énergie de vie présente dans le Cosmos, l’énergie spirituelle et psychique, la part divine et lumineuse de l’être humain.

Le caractère (kanji) « KI » se traduit par vapeur, fluide, souffle ou énergie, énergie interne ou force interne. Il s’agit d’un concept japonais de l’énergie vitale, qui correspond au « Chi » (ou « Qi ») des arts martiaux chinois. Le ki imprègne toutes les manifestations de la nature. Chez l’être humain, il est absorbé principalement via la respiration, l’alimentation et la lumière du soleil. À l’intérieur du corps, le ki circule dans les méridiens et se concentre dans le Seika tanden, siège du Mushin (« absence d’esprit ») au Japon, ou dans le Dan tian (« champ de cinabre ») en Chine, situé à quatre travers de doigts sous le nombril. C’est là que réside le ki originel ou ancestral, reçu à la conception et qu’il convient de préserver grâce à des exercices appropriés.

Le ki constitue la source de la vie humaine. Selon la médecine traditionnelle japonaise, « cent unes maladies naissent du ki » : la maladie survient lorsque le ki est perturbé. La tradition shintoïste enseigne que, lors de la mort d’un être humain, le ki quitte le corps et devient Rei (ou Tama), c’est-à-dire un esprit.

L’énergie Reiki : une union du Rei et du Ki

La définition de l’énergie Reiki demeure complexe. Toutefois, il est envisageable que la pratique du Reiki permette une « connexion » à un aspect du Ki de l’Univers (Rei). Elle représenterait la fusion de l’énergie interne individuelle (liée à la conscience du Tout) avec l’énergie universelle : l’union du Rei et du Ki, telle qu’Usui sensei l’a expérimentée lors de son ascèse de 21 jours à Kurama-yama.

Le soin par les mains (teate) et les techniques traditionnelles du Reiki Ryoho

Le geste instinctif de poser sa main sur une zone douloureuse ou blessée illustre la nature profonde du soin par les mains. C’est à travers ce geste ancestral que le pouvoir de transformation du Reiki se transmet, via la paume des mains du praticien, vers les centres et points d'énergie, ou encore les points d’acuponcture. Selon les principes de la médecine traditionnelle extrême-orientale, tous ces points sont reliés aux méridiens, véritables canaux au sein desquels circule l’énergie vitale, en communication constante avec les organes internes et viscères.

L’action du Reiki s’opère ainsi en passant des points d’énergie vers les méridiens, puis vers les organes, viscères et diverses parties du corps. Ce processus vise à harmoniser, voire à rétablir la circulation du flux vital interne et à éliminer les « pollutions » issues de l’héritage génétique, comportemental et corporel — ce que l’on nomme le « ki ancestral » au Japon. De même, il contribue à dissiper les influences et conditionnements qui entravent la santé et le bien-être. Grâce à cette harmonisation, le corps retrouve sa capacité naturelle d’autoguérison, le ki originel s’en trouve renforcé, et l’organisme devient moins vulnérable face aux agressions extérieures (froid, vent, humidité, chaleur) et intérieures (constitution héréditaire, émotions, fatigue physique et mentale).

Le soin par les mains dans la pratique du Reiki Ryoho inclut également des techniques de massage. Contrairement à la pratique occidentale du Reiki, où ces techniques ont été écartées (probablement en raison du contexte judéo-chrétien aux États-Unis lors de l’introduction du Reiki par Hawayo Takata en 1938), le manuel d’Usui sensei précise que son « Usui Reiki Ryoho » intègre plusieurs méthodes : la « méthode pour tapoter avec les mains » (Uchi te Chiryo ho), la « méthode pour caresser avec les mains » (Nade te Chiryo ho), et la « méthode pour presser avec les mains » (Oshi te Chiryo ho). Ces techniques s’appliquent directement sur le corps du consultant, contrairement à certaines pratiques occidentales où l’intervention se fait dans le champ énergétique. Leur objectif est de renforcer l’efficacité du soin par les mains, en rétablissant l’équilibre énergétique (combler les vides, « kyo », et réguler les excès, « jitsu ») et en détendant les tensions musculaires qui entravent la circulation des fluides vitaux et du courant énergétique interne.

À ce jour, il n’existe pas de documentation précise sur l’origine de ces techniques. On peut toutefois supposer qu’elles puisent leur source dans des traditions telles que le Kappô, l’Anma issu de l’ancienne thérapie manuelle chinoise An mo (« mettre la main et aplanir »), ou encore le Shiatsu. Le Kappô, utilisé en arts martiaux japonais, est un art de secourisme d’urgence — « toucher pour sauver la vie » — comprenant des tech-niques de réanimation (katsu) et de reboutage (seifuku), associant mobilisations, pressions et percussions sur des zones précises du corps. Un manuel de soin rédigé par Hayashi sensei, élève d’Usui sensei, fait mention des katsu mais sans détailler les techniques. Le Shiatsu, quant à lui, est issu de l’Anma et du Kappô et a vu le jour au début de la période Taishō sous l’impulsion de Tenkei Tamai en 1919. Il vise à équilibrer l’énergie corporelle, favoriser l’autoguérison et préserver la santé, à travers des pressions sur des points spécifiques, étirements et brossages. Ces traditions témoignent de l’ancienneté du recours au massage thérapeutique au Japon.

Dans l’enseignement originel du Reiki, il est rapporté qu’Usui sensei privilégiait une approche intuitive des soins, sans positions fixes des mains, s’appuyant sur la méthode Reiji ho qui laisse une large place à l’intuition du praticien. Ce n’est que vers la fin de sa vie qu’il a consigné des positions de mains précises, organisées en onze chapitres dans son manuel Usui Reiki Hikkei, afin de guider les élèves qui éprouvaient des difficultés à ressentir les flux énergétiques. Il convient également de rappeler qu’Usui sensei a formé de nombreux officiers de marine, qui devaient être rapidement opérationnels. Les positions de mains constituaient alors des repères pendant les traitements.

D’après le témoignage d’Hyakuten Inamoto, fondateur du Komyo Reiki, Usui sensei pratiquait le soin principalement avec une seule main (« Seki Shu Ryoho »), sauf lorsqu’il s’agissait d’organes doubles, à l’image des guérisseurs de son époque, appelés « Rei-jutsu ka ». Le « Rei-jutsu », littéralement « art de l’esprit » ou « art de la guérison mentale », était en plein essor durant la période Taishō et au début de la période Shōwa (1912-1930). Cette approche considère l’esprit comme la clé de la santé physique, permettant de surmonter la maladie à partir du mental.

En Occident, l’élaboration du protocole couvrant l’ensemble du corps est généralement attribuée à Chujiro Hayashi. Ayant développé sa propre méthode, le « Hayashi Shiki Reiki » (« méthode de Reiki selon le système Hayashi »), il a adapté les positions de mains originelles d’Usui sensei dans un manuel de soin destiné à rendre les étudiants plus sensibles et réceptifs aux énergies. Madame Takata, son élève et introductrice du Reiki en Occident, a également modifié ses enseignements pour créer sa méthode, l'« Usui Shiki Ryoho », et rédigé un manuel de soin, désigné sous le nom de « grille Takata », dont elle n’aurait transmis le contenu qu’à quelques élèves sélectionnés.

Pratique du Reiki Ryoho : initiation et transmission de la capacité de soin

Bien que chaque individu possède en lui le potentiel de bénéficier des bienfaits du Reiki, l’accès à cette énergie de soin implique nécessairement une initiation spécifique, appelée Reiju. Cette initiation ne peut être dispensée que par un enseignant certifié et uniquement en sa présence physique. Fidèle à cette exigence, le fondateur du Reiki, Usui sensei, n’a jamais transmis le Reiju autrement qu’en présence directe de ses étudiants. Cette tradition, respectée quel que soit le courant — occidental ou japonais —, continue d’être perpétuée dans l’ensemble des lignées authentiques.

Avec l’expansion du Reiki en Occident, notamment aux États-Unis, de nouvelles pratiques sont apparues, telles que l’initiation à distance et la transmission des enseignements via Internet. Ces méthodes se sont principalement développées dans le cadre du Reiki Occidental new-âge et tendent à se diffuser dans certains enseignements se revendiquant comme traditionnels ou influencés par le Japon. Pourtant, les soins en Reiki et les techniques d’origine japonaise requièrent impérativement la présence physique de l’enseignant pour être transmis de manière fidèle et efficace.

De plus, la transmission des lignes de sons associées aux symboles du Reiki doit se faire en direct, de l’enseignant à l’élève, et non par le biais d’enregistrements audio, contrairement à ce que proposent certains en-seignants. Toute démarche s’appuyant sur des initiations ou des enseignements à distance ne saurait être considérée comme relevant du Reiki Traditionnel ou Japonais authentique.

La transmission du Reiju (initiation)

Le Reiju, terme signifiant littéralement « donner ou offrir de l’énergie spirituelle », constitue un rituel initiatique dont l’origine pourrait remonter au bouddhisme Mikkyo (ésotérique). Ce rituel a pour objectif de permettre au destinataire de se reconnecter à la Source du Reiki. Toutefois, c’est le receveur lui-même qui occupe un rôle central dans ce processus, par l’intention qu’il manifeste de recevoir ce don.

Selon l’approche japonaise du Reiki, lors des Shuyokai, qui sont des rassemblements réguliers de pratiquants, les étudiants se réunissent chaque semaine afin de pratiquer diverses méthodes du Reiki Ryoho, telles que Hatsurei ho, Reiki Mawashi, Reiji ho ou Shuchu Reiki. C’est à l’occasion de la méditation Hatsurei ho que l’enseignant procède à la transmission du Reiju à chaque étudiant, adaptant ainsi ce dernier à des niveaux de libre circulation de l’énergie de plus en plus élevés.

Le déroulement de la transmission du Reiju est précis. L’étudiant, assis sur une chaise ou en posture de méditation, place ses mains en Gassho (mains jointes devant la poitrine), adoptant une attitude d’ouverture. L’enseignant, face à l’élève, effectue alors des gestes sacrés appelés Kuji-in, puis positionne la paume de ses mains au-dessus de différents points énergétiques situés sur la tête, le haut du corps et les mains du futur initié. Contrairement à d’autres rituels issus des écoles de Reiki Occidental ou Japonais (comme le Gendaï Reiki ho, le Komyo Reiki ou le Jikiden Rei-ki), aucun symbole n’est tracé ou visualisé dans le champ énergétique du receveur. Selon le niveau d’enseignement, seules les lignes de sons des symboles sont vocalisées et transmises à l’élève.

Les effets du Reiju

L’énergie spirituelle reçue lors du Reiju a plusieurs effets majeurs : elle purifie l’esprit et le corps, augmente la capacité à emmagasiner le ki de l’Univers et redonne aux mains leur pouvoir de guérison. Après cette initiation, l’énergie subtile émise spontanément par les mains du pratiquant, lors d’un simple toucher, n’est plus polarisée (droite/gauche, donner/prendre) et n’est plus conditionnée par les émotions ou les pensées. Le toucher de ces mains, désormais transformées, permet de neutraliser les blocages énergétiques qui entravent la circulation du Ki, au bénéfice du praticien lui-même comme de celui d’autrui.

Le Reiju accompagne ainsi la progression de l’étudiant dans tous les domaines de sa vie. Ce processus se poursuit grâce aux soins par les mains (teate), aux différentes méthodes japonaises de purification et d’élévation de la conscience, ainsi qu’à la méditation. Recevoir régulièrement le Reiju constitue une méthode efficace pour développer à la fois l’intuition et la sensibilité à l’énergie. Ainsi, ces initiations favorisent des avancées significatives vers une conscience éveillée et s’avèrent être d’excellents moyens pour progresser sur la Voie du Reiki.

Qui peut apprendre et pratiquer le Reiki Ryoho ?

Le Reiki Ryoho se distingue par son universalité, indépendamment des croyances religieuses ou philosophiques de ses pratiquants. Bien que son fondateur ait été influencé par le bouddhisme et le shintoïsme, la pratique du Reiki ne s’oppose à aucune conviction et fonctionne sans qu’il soit nécessaire d’adhérer à une foi particulière. En effet, la croyance personnelle n’a aucune incidence sur l’efficacité du Reiki, et la volonté individuelle n’intervient pas dans son mode d’action.

L’apprentissage et la pratique du Reiki ne requièrent aucune connaissance préalable spécifique. Il n’est pas indispensable de comprendre mentalement les mécanismes du Reiki pour pouvoir le pratiquer efficacement. Le Reiki repose essentiellement sur l’intuition transcendante ainsi que sur le ressenti, et son fonctionnement dépend de la transmission du Reiju, associée à une pratique régulière et assidue. Plus la pratique du Reiki s’intensifie, plus la sensibilité à cette énergie s’accroît.

En ce qui concerne la structure du mouvement Reiki, il existe une diversité d’enseignants et de praticiens. Certains choisissent d’exercer de manière indépendante, tandis que d’autres se rassemblent au sein d’écoles qui peuvent présenter des spécificités propres. Malgré les divergences pouvant exister entre les différentes écoles et praticiens, les principes fondamentaux et les méthodes de base du Reiki restent universelles.

Il est toutefois important de noter que certaines branches du Reiki, influencées par le courant New-Age, peuvent s’écarter des enseignements originels, ce qui peut entraîner une distorsion de la pratique et éloigner les élèves de la source authentique du Reiki. De nos jours, il est possible pour n’importe qui d’obtenir un certificat de maître Reiki en très peu de temps, parfois sans disposer des compétences nécessaires.

Par ailleurs, il convient de mentionner que certains maîtres de Reiki occidental ont adopté le système de grades japonais pour structurer les différents niveaux de pratique. Ce système de grades est originellement lié aux lignées et aux enseignements du Reiki japonais. Les enseignements du Reiki occidental, transmis notamment par Madame Takata sous l’appellation Usui Shiki Ryoho, sont, quant à eux, organisés en quatre degrés, allant de l’initiation de base jusqu’à la maîtrise, et leurs modalités d’initiation diffèrent de celles du Reiki japonais. Il arrive également que certains symboles non traditionnels soient intégrés lors de la transmission.

Pour mieux comprendre la diversité des styles de Reiki enseignés aujourd’hui, il est recommandé de consulter des ouvrages spécialisés. Ainsi, le livre de Ronald Mary, « Le Reiki aujourd’hui, de l’origine aux pratiques actuelles », aux éditions « Le souffle d’or », recense de nombreux courants du Reiki, et mon école Usui Reiki Dô y est référencée.

La pratique des séances de Reiki sur autrui

La capacité à prodiguer des soins Reiki à autrui repose principalement sur l’intuition transcendante et sur des qualités fondamentales telles que la générosité, l’amour, la compassion et l’esprit d’éveil. Ces dispositions intérieures ne s’improvisent pas : elles s’acquièrent et se renforcent au fil d’un cheminement spirituel et d’une pratique intensive du Reiki sur soi-même.

Dans la deuxième partie de l’Usui Reiki Hikkei, intitulée « Explications des instructions pour le public par le fondateur de l’Usui Reiki Ryoho », une question essentielle est posée : « Si je peux soigner les autres, est-ce que je peux me soigner moi-même ? » Usui sensei apporte une réponse claire : « Si vous ne pouvez pas vous guérir vous-même, comment voulez-vous parvenir à soigner autrui ? » Cette affirmation souligne l’importance, pour le praticien, d’avoir entamé et poursuivi sa propre guérison avant de se tourner vers l’accompagnement des autres.

Ainsi, si l’on ne se sent pas encore suffisamment en confiance avec la méthode Reiki, si l’on manque de confiance en soi, ou si l’on ne se sent pas prêt à accompagner autrui dans son processus de guérison, il est conseillé de ne pas proposer de séance Reiki aux autres. Il est également recommandé de s’abstenir tant que la plupart de ses propres difficultés existentielles ne sont pas apaisées. Dans ce cas, il convient de se consacrer prioritairement à sa propre guérison intérieure et d’attendre de se sentir prêt avant d’entreprendre la pratique sur autrui. Il est important de rappeler qu’il n’existe aucune obligation à offrir des séances de Reiki à d’autres personnes ; la priorité doit rester la progression et l’équilibre personnel du praticien.

Reconnaissance du Reiki Ryoho

Le Reiki Ryoho bénéficie aujourd’hui d’une reconnaissance croissante grâce à des études et à des applications concrètes dans différents contextes hospitaliers et médicaux à travers le monde. Plusieurs recherches scientifiques ont permis de valider l’action du Reiki, en particulier aux États-Unis, où des résultats significatifs ont été observés.

Validation scientifique et résultats d’études cliniques

Aux États-Unis, l’Hartford Hospital, situé dans le Connecticut, a mené un programme clinique intitulé « Reiki, des volontaires », qui a permis de collecter des données sur l’efficacité du Reiki. Sur une période de trois ans, 1 480 séances de Reiki ont été dispensées, aboutissant à des résul-tats très encourageants pour la reconnaissance de la méthode. Les statis-tiques recueillies sont les suivantes :

• Réduction de 94 % du stress et de l’anxiété ;
• Réduction de 80 % des nausées ;
• Réduction de 78 % de la douleur ;
• Augmentation de 86 % de la qualité du sommeil.

Ces chiffres témoignent de l’efficacité perçue du Reiki dans la gestion de différents symptômes, tant sur le plan physique que psychique.

Intégration du Reiki Ryoho en milieu hospitalier

En Amérique du Nord, notamment au Canada et aux États-Unis, le Reiki est mis en œuvre par des médecins dans des hôpitaux depuis de nombreuses années. Par exemple, la clinique du centre médical de Tucson (T.M.C.) en Arizona dispose d’un département entièrement dédié au Reiki. Une équipe de praticiens y offre des soins de Reiki traditionnel directement dans les chambres des patients. Ce programme est coordonné par le Dr Sally Soderlund, responsable des équipes d’accompagnement thérapeutique du service d’oncologie, ainsi que par Arlène Siegel, initiatrice du programme et maître Reiki, qui anime également des réunions mensuelles de soutien pour les praticiens bénévoles.

De plus, le Dr Alandydy et Greda Cocco dirigent une clinique hospitalière indépendante, la Seacoast Complementary, inc., qui propose exclusivement des soins Reiki. Cette clinique, ouverte deux jours par semaine, est soutenue par une cinquantaine de volontaires qualifiés, issus à la fois du personnel hospitalier et de la communauté locale du Reiki. La structure dispose généralement de 13 à 17 tables de soin en fonctionnement simultané, chacune encadrée par un ou deux praticiens bénévoles.

Le Dr Cantwell, pour sa part, souligne l’efficacité du Reiki dans le traitement de pathologies aiguës (fibromyalgie, migraines, infections aiguës, asthme) mais aussi dans l’accompagnement de maladies chroniques, particulièrement celles associées à la douleur.

Reconnaissance en Europe et évolution en France

En Europe, bien que l’intégration du Reiki dans le système de santé ne soit pas aussi avancée qu’en Amérique du Nord, l’intérêt des professionnels de santé pour les bienfaits du Reiki Ryoho ne cesse de croître. Cette ouverture progressive se traduit par une reconnaissance de plus en plus large de la pratique et de ses effets positifs.

"Le Reiki reconnu et pratiqué à l'Hôpital", un extrait de l'émission Xenius diffusée sur ARTE en juillet 2015. Cela se passe à la clinique de traumatologie de Berlin.

En Suisse, certaines caisses d’assurances maladies privées reconnaissent les vertus thérapeutiques du Reiki et remboursent les séances. Des organismes spécialisés dans les thérapies alternatives facilitent également l’accès à ces remboursements auprès des assureurs.

En France, la mutuelle Cap Vert, dont le siège est situé à Lourdes, a été la première à prendre en charge les séances de Reiki de ses adhérents. Depuis, d’autres mutuelles lui ont emboîté le pas, participant à la légitimation progressive de la pratique.

Enfin, depuis le 14 décembre 2009, l’activité de praticien et praticienne en Reiki est officiellement reconnue par France Travail, anciennement Pôle Emploi, qui la classe dans le secteur du « développement personnel et bien-être de la personne ».

Tous droits réservés - Corinne Bouty

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